Le travail hybride est lĂ pour rester
Les chiffres sont sans équivoque : les organisations qui offrent à leurs employés la possibilité de choisir quand, où et combien de temps ils travaillent, considèrent que 55 % de leur personnel est très performant, contre seulement 36 % dans les organisations où la semaine de travail standard est de 40 heures.‍
Toutefois, le travail hybride est relativement nouveau pour de nombreuses entreprises, notamment en France oĂą la culture du prĂ©sentĂ©isme est très forte (pratiquĂ© par 74% des salariĂ©s ; Ipsos-Ourco).Â
Mais si vous savez, le fameux SMS « je vous rejoins dès que mon boss est parti » envoyĂ© un jeudi soir.Â
Malgré des avantages évidents, le travail hybride peut donc entraîner des effets pervers s’il est mal organisé.
Quels sont ces effets de bords du travail hybride, et est-on capable de les mesurer ?Â
Une Ă©tude menĂ©e conjointement par Ctrip et Nicholas Bloom (Stanford), conclut ainsi que, si les collaborateurs en tĂ©lĂ©travail sont environ 13% plus performants que ceux sur site, ils voient Ă©galement leur probabilitĂ© d’être promu rĂ©duite de 50%.Â
Pas encore convaincus ?
Pendant près de dix ans (2011-2020), l’Office national des statistiques anglais a suivi des milliers de collaborateurs, et montrĂ© que ceux qui travaillent principalement Ă distance ont Ă©tĂ© promus moitiĂ© moins de fois que ceux sur site, et qu’ils Ă©taient 38% moins susceptibles, en moyenne, d’avoir reçu une prime.Â
Pas Ă©tonnant, dans ces circonstances, que plus de 50% des personnes ressentent une pression implicite Ă revenir au bureau.Â
Si on corrèle ces chiffres Ă ceux des inĂ©galitĂ©s hommes-femmes au travail (vous avez vraiment encore besoin de chiffres ?), on voit Ă©galement que les hommes ont plus tendance Ă vouloir retourner travailler au bureau que les femmes, notamment en raison de la part disproportionnĂ©e de ces dernières dans les responsabilitĂ©s familiales.Â
D’accord on a compris, et est-ce qu’on peut faire quelque chose ?
I’m glad you ask, ci-dessous, une liste des meilleures pratiques pour faire du travail hybride une force dans votre stratégie d’inclusion et d’égalité au bureau.‍
1. Communiquer la vision et la stratégie d’organisation du travail hybride‍
Un cap clair permet de réduire considérablement l’anxiété et les risques (de les diviser quasiment par 3). C’est toujours mieux d’avoir un GPS quand on veut aller loin, non ?
2. Former les managers Ă diffuser la politique hybride
Former les manageer tout en incitant les collaborateurs à en profiter : 18% seulement des collaborateurs se sentent à l’aise avec le fait de mettre en action la politique de leur entreprise. Là -dessus, l’exemplarité des managers est clé : si on sait que son boss est lui-même en télétravail 3 jours par semaine, on diminue le sentiment de « FOMO » (Fear Of Missing Out), déstressant tout le monde !
3. Suivre et analyser les données associées au travail hybride
C’est une de nos motivations majeures chez m-work. Comme chaque entreprise, chaque Ă©quipe et chaque collaborateur sont diffĂ©rents, nous leur donnons les clĂ©s pour adapter leur stratĂ©gie de travail hybride Ă leurs besoins et objectifs. Ces informations peuvent notamment permettre de d’anticiper des biais ou effets pervers du travail hybride.Â
Il est en effet essentiel de voir la politique de travail hybride comme un processus itératif, et d’utiliser ces données objectives pour s’adapter.
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4. Écrire et communiquer les règles de l’entreprise et de l’équipe
En Ă©tablissant des rituels clairs, comme des jours fixes d’équipe, on peut ainsi limiter les effets pervers des rĂ©unions hybrides et renforcer la cohĂ©sion en prĂ©sentiel.Â
On évite aussi le mic-mac permanent « ah mais je pensais que tu venais mardi ! »
5. Évaluer au résultat
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Seulement 36% des collaborateurs pensent que leur manager évalue leur performance en se basant sur leurs résultats. Ces croyances nuisent à la productivité et amenuisent la motivation des salariés. Il est essentiel de communiquer clairement sur les attentes et objectifs de chacun, afin d’avoir des moyens tangibles de mesurer la performance.
6. Rassurer les collaborateur.ices et prendre soin de leur santé mentale
En tant que manager, partager ses propres challenges et difficultĂ©s sur l’organisation du travail hybride permet aux Ă©quipes de relativiser les leurs, et surtout de les partager. Cela est notamment vrai pour les femmes, qui doivent composer avec une charge mentale accrue.Â
Construire ensemble, dans la confiance, un schéma qui fonctionne pour l’équipe peut ensuite se faire progressivement et sereinement.
Si les nouveaux modes de travail posent de nombreux défis, notamment en termes d’inclusion (et pas seulement sur les inégalités de genre), des solutions existent. La première étape est de mesurer et comprendre les usages, pour prendre conscience des biais qui peuvent exister, et ainsi construire ensemble une meilleure organisation.



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